Influenza aviaire : Explications et mesures de biosécurité pour les opérateurs professionnels

Qu’est-ce que l’Influenza Aviaire (IA)? L’influenza aviaire (IA), provoquée par le virus de

l’influenza de Type «A» est une maladie animale qui peut infecter plusieurs espèces d’oiseaux d’élevage (poulets, dindons, cailles, pintades, etc.) ainsi que les oiseaux d’ornement et les oiseaux sauvages, certaines souches entraînant un taux de mortalité élevé.


Ce virus a également été isolé chez des mammifères dont l’homme, le rat et la souris, le vison et le furet, le porc, le chat, le tigre et le chien. Les virus de l’influenza aviaire ne sont pas nouveaux. La littérature décrit l’existence de nombreux foyers d’IA chez les volailles d’élevage au cours des siècles. Il y a plusieurs souches de virus de l’IA, généralement classées en deux catégories: les souches faiblement pathogènes (IAFP) provoquant généralement peu ou pas de manifestations cliniques chez les oiseaux et les souches hautement pathogènes (IAHP) entraînant de graves manifestations cliniques et/ou une forte mortalité. La souche hautement pathogène H5N1 du virus de l’IA a beaucoup fait parler d’elle ces dernières années en raison de l’apparition de foyers importants chez les oiseaux domestiques et les oiseaux sauvages au niveau mondial à partir de l’Asie. La situation est préoccupante en raison du degré de virulence non seulement chez les volailles mais également chez les oiseaux sauvages ainsi que la capacité de cette souche à s’étendre aux mammifères.



Les virus de l’IA se cantonnent généralement à l’animal alors que le virus de l’IAHP H5N1 a provoqué des cas humains. Il existe des souches de virus IAHP H5N1 faiblement pathogènes qui n’entraînent pas de manifestations cliniques graves. L’Influenza Aviaire est une maladie répertoriée dans la liste du Code Sanitaire pour les Animaux Terrestres de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE). L’influenza aviaire devant faire l’objet d’une notification comprend deux sous-types particuliers, H5 et H7 qui doivent être déclarés à l’OIE (conformément au Code Sanitaire pour les Animaux Terrestres de l’OIE).


Où trouve-t-on la maladie?

L’IA est présente dans le monde entier avec différentes souches plus présentes dans certaines parties du monde. Il faut tout particulièrement noter l’apparition de foyers d’IA H5N1 hautement pathogènes en Asie du Sud Est fi n 2003. D’autres foyers ont été signalés ces dernières années par plusieurs pays d’Asie et pour certains, la maladie est désormais considérée comme endémique (toujours présente). Il a également été fait état de l’apparition de foyers d’IAHP H5N1 en Afrique et en Europe.


Comment la maladie se transmet et se propage-t-elle?

De nombreux facteurs peuvent contribuer à la propagation des virus de l’IA notamment la mondialisation et les échanges commerciaux internationaux (légaux et illégaux), les pratiques de commercialisation (marchés aux oiseaux vivants), les pratiques d’élevage ainsi que la présence des virus chez les oiseaux sauvages. Les oiseaux sauvages peuvent normalement être porteurs des virus de l’influenza aviaire dans leur système respiratoire ou intestinal sans généralement présenter les signes de la maladie. Les oiseaux sauvages sont connus pour être des réservoirs de virus de l’IA, pour la plupart faiblement pathogènes. Des mesures de surveillance ont été mises en place au niveau mondial pour contrôler l’apparition des virus de l’IA chez les oiseaux sauvages et étudier leurs caractéristiques. Lors de tests de routine pratiqués chez les oiseaux sauvages, il est courant de trouver certains virus de l’infl uenza aviaire dont la grande majorité ne provoque pas la maladie. L’étude des foyers actuels d’IAHP H5N1 ne permet pas encore de comprendre dans tous les cas le rôle exact que jouent les oiseaux sauvages dans la propagation du virus sur de longues distances.


De manière générale, il subsiste des zones d’ombre quant aux espèces sauvages impliquées, aux voies migratoires choisies et surtout quant à la possibilité qu’auraient certaines espèces à devenir des réservoirs permanents du virus H5N1, avec des oiseaux porteurs ne présentant aucune manifestation clinique de la maladie. Les virus de l’IA peuvent se propager par contact direct avec les sécrétions d’oiseaux infectés, tout particulièrement par leurs déjections ou par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, d’équipements ou de vêtements contaminés. Les virus de l’influenza aviaire sont très contagieux chez les volailles et se propagent rapidement d’une ferme à l’autre avec les mouvements d’oiseaux domestiques vivants, des hommes (surtout en cas de contamination des chaussures et d’autres vêtements), par les véhicules, divers équipements, la nourriture ou les cages contaminés. Les virus hautement pathogènes peuvent survivre longtemps dans l’environnement, surtout en présence de basses températures.


Quels sont les risques de santé publique associés à cette maladie?

Cette maladie est une zoonose (maladie touchant principalement les animaux mais pouvant contaminer l’homme). Les virus de l’IA sont très sélectifs quant aux espèces qu’ils peuvent toucher mais ils ont, en de rares occasions, franchi les barrières de l’espèce.




La transmission à l’homme

L' Influenza Aviaire s’est produite lors de contacts étroits avec des oiseaux infectés ou dans des environnements fortement contaminés. Bien que l’IA due à des souches du virus hautement pathogènes a parfois touché l’homme, il ne faut pas confondre cette maladie avec la grippe humaine saisonnière, maladie humaine très courante (généralement due aux virus H1 et H3). En raison de la possibilité de voir cette infection s’étendre à l’homme, il est recommandé aux personnes qui travaillent ou qui sont en contact avec des volailles infectées ou soupçonnées d’être infectées par l’IA de porter des vêtements de protection y compris un masque facial, des lunettes de protection, des gants et des bottes. On ignore la probabilité qu’a le virus de l’IA H5N1 de changer en une forme qui soit fortement infectieuse pour l’homme et qui puisse se propager rapidement d’une personne à une autre. Toutefois, une telle probabilité présente un risque sanitaire important pour l’homme du fait que le virus de l’IA H5N1 est de plus en plus résistant au traitement antiviral existant actuellement et qu’il n’existe pas de vaccination totalement efficace. Il n’existe pas d’éléments laissant supposer que la consommation de viande de volaille ou d’œufs cuits puisse transmettre le virus de l’IA à l’homme.



Comment la maladie est-elle diagnostiquée?

Il est possible de soupçonner l’influenza aviaire (IA) d’après les observations cliniques et les circonstances ayant amené à l’apparition de la maladie. Il faut recourir à des tests de laboratoire pour confirmer le diagnostic. Que fait-on pour prévenir et contrôler cette maladie? Mesures de prévention et de contrôle Il est extrêmement important de disposer de systèmes de détection et d’alerte rapide opérationnels dans le cadre d’une stratégie efficace face à l’IA. Ceci doit être accompagné d’efforts du même ordre en matière de préparation permettant de faire face à l’apparition d’un foyer potentiel. Partout dans le monde, des mesures de surveillance ont été mises en place pour détecter la présence de l’infection chez les volailles conformément aux normes pour la surveillance de l’influenza aviaire de l’OIE (Code sanitaire pour les Animaux Terrestres de l’OIE).


De plus, les programmes de surveillance observent l’apparition, la prévalence et la caractérisation des virus de l’IA trouvés chez les oiseaux sauvages. La surveillance des oiseaux sauvages prend en compte les différentes voies migratoires surtout aux points de rassemblement des oiseaux migrateurs en provenance de différents continents. Les producteurs de volaille doivent appliquer des mesures de biosécurité pour éviter que le virus ne s’attaque à leur élevage.


Exemples de mesures à prendre à la ferme:

– tenir les volailles éloignées des zones de fréquentation d’oiseaux sauvages ;

– exercer un contrôle de l’accès des personnes et des équipements aux poulaillers ;

– éviter d’aménager sur le terrain des dispositifs susceptibles d’attirer les oiseaux sauvages ; – assurer un bon état sanitaire de l’exploitation, des poulaillers et de l’équipement ;

– éviter d’introduire dans l’élevage des oiseaux dont l’état sanitaire n’est pas connu ;

– notifier les oiseaux morts et malades ;

– éliminer de façon appropriée les produits d’origine animale et les volailles mortes.


Le plan de Biosécurité

Depuis le 1er juillet 2016, date d'entrée en vigueur de l'arrêté du 8 février 2016, chaque détenteur de volailles ou d'autres oiseaux captifs doit mettre en place un plan de biosécurité pour l'ensemble de son exploitation qui vise la réduction du risque d'introduction, de développement et de propagation des virus de l'influenza aviaire.

Devant l'hétérogénéité des exploitations concernées, l'Etat, en accord avec les structures professionnelles, a décidé de ne pas imposer un modèle unique. Les détenteurs réalisent d'abord une analyse de risque tenant compte du contexte sanitaire de leur exploitation et de leur environnement. Ils rédigent ensuite leur plan de biosécurité adapté à la réalité de leur exploitation. Ce dispositif d'obligation de résultat permet une plus grande souplesse. Les opérateurs concernés par cet arrêté sont:

  • en priorité les détenteurs commerciaux de volaille (sans distinction de seuil)

  • et dans une moindre mesure les détenteurs non commerciaux de volailles, les parcs zoologiques et les détenteurs commerciaux d'autres oiseaux captifs (animalerie).

Le contenu minimum du plan de biosécurité figure en annexe de l'Arrêté du 8 février 2016 modifié relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations de volailles et d'autres oiseaux captifs dans le cadre de la prévention contre l'influenza aviaire. Parmi ces éléments figurent :

  • le plan de circulation qui permet de délimiter les zones d'activité dans l'exploitation et les plans de gestion des flux, qui permet de montrer comment le détenteur organise ses activités dans le temps et dans l'espace,

  • le schéma de base qui consiste à déterminer une ou plusieurs unités de production, au sein desquelles s'applique le fonctionnement en bande unique. Pour certains types de production, l'arrêté prévoit des possibilités d'adaptation à la bande unique.

Attention : les fiches pédagogiques, les cahiers des charges, les guides de bonnes pratiques... sont des aides, ils fournissent des conseils et des recommandations, mais pas des modèles, ils doivent être adaptés à chaque plan de biosécurité.


Sollicitez l'élaboration de votre plan de Biosécurité par nos experts.

Les contrôles sur l'application de cet arrêté sont du ressort des directions départementales en charge de la protection des populations. Les mesures pour les aménagements et les investissements nécessaires à la mise en place de ces mesures de biosécurité peuvent être prises en charge par le ministère en charge de l'agriculture ou par les Régions. Pour en savoir plus sur les fiches pédagogiques de l'ITAVI Pour en savoir plus : arrêté du 8 février 2016 relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations de volailles et d'autres oiseaux captifs dans le cadre de la prévention contre l'influenza aviaire


Consultez notre liste de produits désinfectants pour le milieu agricole dans notre espace spécialisé : https://www.bhiorg.com/biosecurite-agricole

Informations légales

arrow&v